Une initiative heureuse

Le webzine Parentzie (drôle de nom…) a lancé une initiative fort intéressante, ces derniers jours. Inspirée par mon livre Perdus sans la nature, la chroniqueuse Caroline Mayrand a pondu un texte, mais surtout, elle est passée de la parole au geste en créant «Le mouvement LibreVert».

L’idée derrière ce bon coup est de donner le goût des espaces verts aux enfants… et aux parents qui les accompagnent. Chaque mois, le webzine proposera des défis et des fichiers pour (re)découvrir la nature.

La première mission est déjà en ligne: il s’agit d’inviter les enfants à trouver un «dessin d’insecte», c’est-à-dire ses lignes creusées à même les troncs d’arbres par de petites bestioles comme en voit sur cette photo.

On y accompagne une fiche qui permet de débuter un herbier avec son enfant, une suggestion très «old school» qui mérite en effet d’être dépoussiérée en lui donnant un côté techno. Plutôt que de coller une feuille séchée, on propose de laisser l’appareil photo entre les mains des enfants afin de rendre ludique la rando familiale.

Une invitation à tous les enfants, donc, avant que la neige ne recouvre les troncs…

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Pas au Québec que le chef de l’État prendrait ainsi la plume…

«Il faut redonner à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d’assimiler…»

La phrase est de Nicolas Sarkozy. Elle vient de sa «Lettre aux éducateurs» envoyée à tous les profs de l’Hexagone en septembre 2007.

Oui, je suis en retard. Mais je viens de lire cette lettre pour la première fois et le propos général y est si inspirant, si bien articulé, que je ne pouvais ne pas en faire mention dans ce blogue.

Vous trouverez l’intégrale de la lettre ici. Mais étant donné qu’elle fait tout de même 30 pages, je recopie ici les deux passages les plus directement liés au thème de mon livre.

«Il ne faut pas que les enfants restent enfermés dans leur classe», écrit le président français.

«Très tôt, ils doivent aller dans les théâtres, les musées, les bibliothèques, les laboratoires, les ateliers. Très tôt ils doivent être confrontés aux beautés de la nature et initiés à ses mystères. C’est dans les forêts, dans les champs, dans les montagnes ou sur les plages que les leçons de physique, de géologie, de biologie, de géographie, d’histoire mais aussi la poésie, auront souvent le plus de portée, le plus de signification. Il faut apprendre à nos enfants à regarder aussi bien le chef-d’œuvre de l’artiste que celui de la nature. Pas plus qu’il ne faut hésiter à les mettre en contact avec les grandes œuvres de l’esprit humain et avec ceux qui les maintiennent vivantes.»

«Il est une autre opposition encore qu’il nous faut dépasser : celle du corps et de l’esprit», ajoute le président Sarkozy quelques pages plus loin.

«L’éducation est un tout. Elle doit être théorique autant que pratique, intellectuelle autant que physique, artistique autant que sportive. La place faite au sport est encore insuffisante. L’enfant a besoin de se dépasser. Mais le sport est aussi une école du respect des autres, du respect de la règle, de la loyauté et du dépassement de soi. Je crois à la valeur éducative du sport. Non seulement le sport doit prendre plus d’importance à l’école, mais il faut aussi que le monde du sport et celui de l’édu­cation s’ouvrent davantage l’un sur l’autre, qu’entre les institutions sportives et les institutions éducatives aussi les liens soient resserrés, qu’entre les sportifs et les enseignants la coopération s’établisse pour le plus grand bien de nos enfants.»

«Comprenez-moi bien, il ne s’agit pas dans mon esprit d’alourdir encore les horaires d’enseignement qui sont déjà trop lourds. Il ne s’agit pas d’ajouter encore des enseignements nouveaux à une liste déjà trop longue. Dans mon esprit, il s’agit au contraire, de redonner à nos enfants le temps de vivre, de respirer, d’assimiler ce qui leur est enseigné.»

J’en suis…

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Un poulet, est-ce que c’est un légume?


J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec l’utilisation d’enfants dans des pubs télévisées pour vendre des produits, des machins ou du savon à lessive. Sauf dans le cas des couches, mettons…

L’industrie du petit poulet rôti du Québec s’en est permis une, toute une même, puisqu’elle dure 3 minutes 24 secondes… On y voit des enfants ben ben ben cutes, tenter de se faire ben ben ben cutes pour que l’on achète du petit poulet rôti un petit peu moins cute.

«Un poulet, ça vole en marchant», dit l’une.

«Un poulet a quatre pattes», dit l’autre.

«Un poulet, c’est un légume?», s’interroge un troisième.

Mais au-delà de cette utilisation commerciale et douteuse de petits visages joufflus par les Saint-Hubert, Flamingo et PFK, il y a un élément fort intéressant qui ressort de cette pub : la méconnaissance des enfants de ce qui se trouve dans leur assiette.

Pour la rédaction de mon livre, j’ai interviewé à ce sujet une enseignante du préscolaire, Martine Chatelain, qui m’en a raconté des vertes et des pas mûres à ce propos.

Elle se souvient par exemple  de cette visite dans une ferme maraîchère de la région de Québec, où un enfant de 4e année a demandé qui avait mis les œufs sous la poule… Plusieurs autres étaient horrifiés d’apprendre que le bacon venait du cochon et promettaient de ne plus jamais en manger…

J’ai toujours pris à la légère ces anecdotes d’enfant ayant dessiné un poisson rectangulaire pensant qu’il ne venait qu’en format fish & chips, mais en parlant aux profs et aux responsables de service de garde, j’en suis finalement venu à la conclusion qu’il ne s’agissait nullement d’un mythe.

Les enfants sont si déconnectés de la nature, m’ont-ils dit en chœur, qu’ils en ont perdu cette connaissance de base leur permettant de saisir d’où proviennent les aliments.

Dans un tel contexte, on peut bien continuer à inclure dans l’agenda des petits le Guide alimentaire canadien, cela n’aura jamais la résonance de l’expérience réelle et concrète. De la même manière, on peut bien obliger les commissions scolaires à adopter des politiques alimentaires, celles-ci n’auront qu’un effet limité, tant et aussi longtemps que l’on ne permettra pas aux enfants de se mettre les deux mains dans la terre.

Autrement dit, on peut bien leur servir du poulet chaque soir, ils ne sauront pas s’il s’agit d’un légume ou d’une viande tant qu’ils n’en auront pas vu un, en plumes et en os, voler en marchant…

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À la nature, citoyens!

Quelle belle initiative!

Un regroupement d’experts de tous horizons, appelé «Groupe de travail sur la relation enfant-nature», vient de lancer un appel à la mobilisation, un peu comme je le fais dans mon livre, Perdus sans la nature.

«Nous vous invitons à vous engager, écrivent-ils, à mener des actions concrètes afin de rapprocher les jeunes de la nature. En effet, on constate que depuis une trentaine d’années, les enfants jouent de moins en moins dehors et sont donc privés de liens essentiels avec la nature. Cela entraîne des conséquences négatives sur leur bien-être physique et psychologique en plus d’engendrer des coûts sociaux.»

J’en suis, évidemment!

Pour tout vous dire, le Groupe m’a approché, mais j’ai dû décliner l’invitation en raison du conflit d’intérêt que cela aurait créé. Je suis auteur, mais je suis aussi journaliste, éditorialiste et chroniqueur. Le militantisme est donc proscrit, dans mon cas.

Mais je peux néanmoins faire mention de cet Appel à l’engagement, qui vient d’être lancé à tous: représentant d’une organisation, membre du personnel de l’éducation, décideur, parent ou sympathisant.

Votre appui à la cause, le cas échéant, sera souligné lors du colloque «La nature a-t-elle sa place en éducation? Pour une pédagogie de la biodiversité!» qui aura lieu les 4 et 5 novembre prochain à Montréal, et auquel je participerai.

***

Pour les intéressés, voici le nom des membres dudit Groupe: Emmanuel Rondia de l’AQPERE, Pierrich Plusquellec du Centre de recherche Fernand Séguin, Carole Marcoux et Lucie Limoges de la CSDM, Jean Robitaille de la CSQ rattaché aux écoles Vert Brundtland, Christian Payeur de la Fondation Monique Fitzback, Benoît Limoges du ministère de l’Environnement, Lucie Vallée du Sentier Urbain, Kathleen Usher, Directrice Evergreen Québec, ainsi que Tom Berryman et Thierry Pardo de l’UQAM.

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Ne bougez pas! Ne parlez pas!

Après avoir éliminé toute occasion de bouger, voilà que les écoles tentent d’éradiquer le bruit…

En témoigne cette école de Waterloo qui interdit désormais aux enfants de parler durant le repas du midi. Comme s’il n’y avait pas assez de pensum dans la journée d’un élève, la direction a décidé de transformer l’une des dernières périodes de détente active en une punition supplémentaire…

«On est loin de Libres enfants de Summerhill», m’a fait remarquer Claude Mailloux du département de psychoéducation de l’UQTR, en faisant référence à cette école britannique fondée dans les années 20 sur des principes d’égalité et, surtout, de liberté…

Le pendule a en effet oscillé à l’autre extrémité. Une extrémité… un peu trop extrême, justement?

Demander le silence n’est pas «mauvais en soi», répond Gérald Boutin, un expert du monde de l’éducation. «Les enfants doivent apprendre à se taire, à écouter», croit-il.

Peut-être. Mais convenons que ce qui manque dans une journée scolaire type, ce ne sont pas les occasions de se taire, mais bien de se détendre, de bouger, de se défouler, d’évacuer le stress (Je me penche sur la chose en éditorial, dans La Presse de demain).

On confine en effet nos enfants à une vie sédentaire à l’école et au service de garde, puis on se demande après pourquoi il y a tant de problèmes de comportements, de déficits d’attention. Pourquoi les prescriptions de Ritalin ne cessent de se multiplier, pourquoi les garçons n’aiment pas l’école…

Je discutais d’ailleurs de tout ça avec Égide Royer hier, professeur au département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval qui vient de faire paraître Leçons d’éléphants: Pour la réussite des garçons à l’école. Mine de rien, en 30 secondes à peine, il a cité LA solution qui aurait permis à l’école de Waterloo de régler tous ses problèmes de bruit, sans contraindre les élèves au mutisme.

Il a cité une étude menée dans une école d’Hawaï qui a ouvert la porte à une toute nouvelle façon de faire chez nos voisins du Sud: Recess Before Lunch. On laisse les enfants jouer dans la cour entre le début de la pause du midi et le moment de manger comme tel, sorte de tampon permettant aux enfants de se dépenser avant de se rasseoir.

L’évidence, en somme.

Les résultats sont fascinants: moins de gaspillage de nourriture, un intérêt plus grand des enfants pour les fruits et les légumes et surtout, un meilleur comportement, etc.

Pour améliorer l’ambiance à l’école, pas besoin d’imposer le silence à tous. Suffit de s’interroger sur les besoins réels des enfants, plutôt que sur ceux des surveillants…

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Le «déficit de nature», une maladie?

Preuve que les enfants ne jouent plus dehors comme avant, les Américains sont en pleine «Take a Child Outside Week»

C’est dire qu’avec cette semaine qui lui est entièrement consacrée, le «déficit de nature» est en voie de devenir une maladie comme une autre, au même titre que la fibromyalgie (Journée mondiale, le 12 mai) ou que les problèmes de santé mentale (semaine nationale, du 3 au 9 mai).

Est-ce qu’on exagère le problème? Ou, plus précisément, est-ce que les Américaines exagèrent le problème?

Personnellement, je ne crois pas. Comme je le décris dans mon livre, Perdus sans la nature, le déclin du jeu libre à l’extérieur est rien de moins qu’un problème de santé publique.

On a qu’à penser à ses nombreuses conséquences, allant de l’obésité à l’hyperactivité, en passant par le déficit de l’attention, les troubles du comportement et les désordres liés au stress.

Même si l’absence d’activités extérieures n’explique pas tout, même si elle n’est pas la principale responsable de certains de ces maux, elle y participe certainement, à des degrés divers, comme l’expliquent TOUS les spécialistes – une bonne trentaine – que j’ai interviewés sur le sujet.

Les enfants qui n’ont jamais le temps de jouer dehors ne trouvent habituellement pas de moment pour évacuer la pression, pour lâcher leur fou. Ils sont souvent plus agités, ont de la difficulté à se poser.

Les études confirmant ce lien entre le déclin du jeu extérieur et les problèmes de santé des enfants se multiplient d’ailleurs à un rythme effarant. Toutes vont dans le sens de cette lettre, signée par 270 experts de l’enfance et publiée dans le Daily Telegraph en 2007.

«Nous pensons qu’un facteur primordial expliquant l’explosion des problèmes de santé diagnostiqués chez les enfants est le déclin marqué du jeu depuis 15 ans, pouvait-on lire. Le jeu – particulièrement à l’extérieur, non structuré et peu surveillé – est pourtant vital dans le développement de la santé et du bien-être des enfants.»

C’est ce qui explique que les Américains prennent le sujet autant au sérieux depuis 4, 5 ans. Un vaste regroupement appelé The National Forum on Children and Nature a été créé, une levée de fonds de 20 millions $ a été menée, une trentaine de projets-pilotes ont été mis sur pied pour permettre de rapprocher les enfants des milieux naturels.

En parallèle, la coalition No Child Left Inside a épaulé les élus qui souhaitent que les enfants soient plus souvent à l’extérieur, ce qui a permis à de nombreux gouverneurs de déposer des projets de loi en ce sens dans leur État.

Preuve du sérieux de la démarche, le projet de loi No Child Left Inside Act a été déposé au Congrès américain en 2007, lequel vise l’injection de 100 millions $ dans le système d’éducation afin de développer massivement l’éducation à l’environnement dans les écoles publiques.

On comprend mieux ainsi la création d’une semaine nationale consacrée à cet enjeu d’importance…

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Attention à la stimulation intellectuelle précoce!

Avouons-le, ça fait un petit velours quand on s’aperçoit que notre enfant est en avance sur les autres, que ce soit en sport, en lecture ou ailleurs.

C’est ce qui explique que bien des parents stimulent leurs enfants très tôt… en espérant secrètement que cela leur permettra plus tard d’être in front of the pack, comme disent les Américains.

Or dans un de ses récents livres, Francine Ferland, professeure d’ergothérapie de l’Université de Montréal, montre qu’une stimulation intensive précoce n’est pas un gage de réussite plus tard.

Au contraire, même.

Mme Ferland cite une étude qui s’attarde à l’apprentissage de la lecture dès un très jeune âge. Les chercheurs ont comparé deux groupes d’adolescents de 16 ans : le premier composé d’enfants ayant appris à lire à 4 ans, le second à 6 ou 7 ans.

Résultat : à l’adolescence, les lecteurs précoces lisaient beaucoup moins que les autres.

Et il n’y a pas qu’une seule étude qui arrive à une telle conclusion. Une analyse plus large basée sur près d’une dizaine d’études du genre, menée par l’organisation américaine Alliance for Childhood, démontre que les gains qu’accumule un enfant de garderie stimulé très tôt s’estompent graduellement jusqu’en 4e année, où il se retrouve au même niveau que les autres, au mieux.

Donc on abandonne nos enfants à leur propre sort en espérant qu’ils émergent du lot grâce à leur seul talent?

Non, on les stimule plutôt… physiquement, selon une toute récente étude résumée dans le New York Times Magazine d’hier.

On savait déjà que les enfants qui avaient l’occasion de bouger obtenaient par la suite de meilleurs résultats lors d’examens. Mais on apprend avec cette étude que le fait de s’activer joue un rôle dans le développement du ganglion de la base, ce secteur du cerveau où l’on retrouve certaines fonctions liées à l’attention.

Une autre étude récente révèle des résultats similaires, mais cette fois en lien avec une autre partie du cerveau, l’hippocampe, siège d’une partie de la mémoire en quelque sorte.

Il est évidemment difficile de tirer une conclusion à partir de différentes études qui n’ont pas nécessairement un lien entre elles. Mais néanmoins, toutes ces conclusions me feront réfléchir la prochaine fois que je demande à mon fils de me lire une histoire avant le dodo…

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Aperçu dans le Globe vendredi…

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Une ville pour les enfants

L’Association québécoise du loisir municipal a publié sur son site web un court texte sur mon livre, Perdus sans la nature. On y souligne l’importance du rôle des décideurs municipaux dans l’aménagement de villes où les enfants peuvent jouer.

Fort intéressant! Car les élus municipaux, on tend à l’oublier, sont au coeur de bien des décisions qui influencent nos petits.

C’est eux qui décident, dans bien des villes de banlieue, de ne pas construire de trottoirs (message: la rue, c’est pour les chars, par pour les enfants…).

C’est eux qui optent pour un module de jeux plutôt qu’un autre (Dieu que la plupart des modules de jeux sont ennuyants; on se balance sur une balançoire, on glisse sur une glissoire…).

C’est eux encore qui choisissent de ne pas déneiger les trottoirs l’hiver, qui fixent la vitesse maximale dans les rues, qui ont le dernier mot dans la protection des espaces verts, etc…

Bref, si on veut que nos enfants jouent dehors en toute sécurité, il importe d’avoir des villes aménagées en fonction des enfants, pas seulement des autos. Certains spécialistes estiment même qu’il s’agit d’une importante question de santé publique, à la lumière des statistiques troublantes sur l’obésité!

L’ancien directeur de la santé publique de la Californie, aujourd’hui prof de santé environnementale à l’Université de Californie, Richard Joseph, va plus loin encore: il soutient que les pouvoirs publics ont le devoir de réaménager les quartiers au profit des enfants, comme ils se sont attaqués au plomb dans l’essence à une autre époque.

On évoque l’importance d’avoir des rues où la circulation est lente, des trottoirs qui permettent le jeu, des parcs accessibles et nombreux, des espaces verts, etc. Autant de choses, d’ailleurs, qui peuvent être proposées par les parents au conseil municipal, au comité de circulation, au comité d’urbanisme.

L’ancien maire de Bogotá Enrique Penalosa résume bien la chose: «Si nous sommes capables de construire une ville favorable aux enfants, nous auront une ville favorable à tout le monde.»

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Des enfants dénaturés…

Le titre du billet n’est pas de moi, mais de l’écologiste Daniel Breton, qui m’a écrit pour commenter la sortie de mon livre.

Des enfants dénaturés… Ça dit tout.

J’ai tout de suite repensé à l’expression de Daniel, tout à l’heure, lorsque je suis tombé sur cet article du Guardian qui prouve que le problème que je décris dans Perdus sans la nature n’est pas spécifique au Québec, ou même à l’Amérique du Nord.

En Grande-Bretagne aussi, les jeunes ont été retirés de leur milieu naturel. À preuve, ce sondage cité par le journaliste: 64 % des enfants jouent dehors moins d’une fois par semaine… Incroyable, non?

Plus encore: 28 % des enfants sondés n’avaient pas eu l’occasion de prendre une marche en pleine nature au cours de l’année; 21 % n’avaient jamais mis les pied sur une ferme.

Et mon préféré (façon de parler): 20 % n’avaient jamais grimpé dans un arbre de leur vie…

Très symptomatique… Alors qu’on disait jadis «sois prudent» à un enfant qui montait dans les arbres, on lui dit aujourd’hui «ne fais pas ça».

On est passés en une génération de la «prévention» à la «précaution», de l’immersion quotidienne en pleine nature à la «dénaturation»…

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