Preuve que les enfants ne jouent plus dehors comme avant, les Américains sont en pleine «Take a Child Outside Week»…
C’est dire qu’avec cette semaine qui lui est entièrement consacrée, le «déficit de nature» est en voie de devenir une maladie comme une autre, au même titre que la fibromyalgie (Journée mondiale, le 12 mai) ou que les problèmes de santé mentale (semaine nationale, du 3 au 9 mai).
Est-ce qu’on exagère le problème? Ou, plus précisément, est-ce que les Américaines exagèrent le problème?
Personnellement, je ne crois pas. Comme je le décris dans mon livre, Perdus sans la nature, le déclin du jeu libre à l’extérieur est rien de moins qu’un problème de santé publique.
On a qu’à penser à ses nombreuses conséquences, allant de l’obésité à l’hyperactivité, en passant par le déficit de l’attention, les troubles du comportement et les désordres liés au stress.
Même si l’absence d’activités extérieures n’explique pas tout, même si elle n’est pas la principale responsable de certains de ces maux, elle y participe certainement, à des degrés divers, comme l’expliquent TOUS les spécialistes – une bonne trentaine – que j’ai interviewés sur le sujet.
Les enfants qui n’ont jamais le temps de jouer dehors ne trouvent habituellement pas de moment pour évacuer la pression, pour lâcher leur fou. Ils sont souvent plus agités, ont de la difficulté à se poser.
Les études confirmant ce lien entre le déclin du jeu extérieur et les problèmes de santé des enfants se multiplient d’ailleurs à un rythme effarant. Toutes vont dans le sens de cette lettre, signée par 270 experts de l’enfance et publiée dans le Daily Telegraph en 2007.
«Nous pensons qu’un facteur primordial expliquant l’explosion des problèmes de santé diagnostiqués chez les enfants est le déclin marqué du jeu depuis 15 ans, pouvait-on lire. Le jeu – particulièrement à l’extérieur, non structuré et peu surveillé – est pourtant vital dans le développement de la santé et du bien-être des enfants.»
C’est ce qui explique que les Américains prennent le sujet autant au sérieux depuis 4, 5 ans. Un vaste regroupement appelé The National Forum on Children and Nature a été créé, une levée de fonds de 20 millions $ a été menée, une trentaine de projets-pilotes ont été mis sur pied pour permettre de rapprocher les enfants des milieux naturels.
En parallèle, la coalition No Child Left Inside a épaulé les élus qui souhaitent que les enfants soient plus souvent à l’extérieur, ce qui a permis à de nombreux gouverneurs de déposer des projets de loi en ce sens dans leur État.
Preuve du sérieux de la démarche, le projet de loi No Child Left Inside Act a été déposé au Congrès américain en 2007, lequel vise l’injection de 100 millions $ dans le système d’éducation afin de développer massivement l’éducation à l’environnement dans les écoles publiques.
On comprend mieux ainsi la création d’une semaine nationale consacrée à cet enjeu d’importance…