«Viens souper!» Ma mère crie sur le pas de la porte. D’un bond, je me lève. Je ramasse mon vélo et salue mes voisins: «À tantôt!» Puis je quitte le sous-bois sur ma monture, empruntant le sentier qui me mène directement à la maison.
Cette scène qui se déroulait presque quotidiennement sur la rue Pérodeau, à Québec, où j’ai grandi, vous est sûrement familière, puisqu’elle faisait partie du quotidien de la plupart des enfants aujourd’hui adultes. Mais à mon fils de 6 ans, en revanche, cette scène ne dit rien du tout.
Dans les années 50 et 60, jouer signifiait jouer dehors. Plus maintenant, précise une analyse néerlandaise publiée en 2005 dans Children’s Geographies. La chercheure Lia Karsten, de l’Amsterdam Institute for Metropolitan and International Development Studies, rappelle qu’à cette époque, cela allait de soi, vu l’exiguïté des logements et la liberté accordée aux enfants. Alors qu’aujourd’hui, pour diverses raisons allant du contrôle parental aux peurs modernes, les enfants s’amusent à l’intérieur.
Généralisation? Oui, mais une généralisation qui se confirme sur le terrain, de l’avis des éducateurs, des gestionnaires des Muséums nature de Montréal, des experts en santé publique, des biologistes, des urbanistes, etc.

J’ai écouté votre entrevue avec Michel Plourde. Fantastique. Vous devriez offrir un bouquin à l’école du village afin que les parents prennent concience du problème.
Félicitation,
Éric