On se désole souvent que les enfants ne marchent plus pour allez à l’école. Avec raison, la pratique étant devenue quasiment marginale.
Pour expliquer ce phénomène surréaliste, on fait souvent appel aux «usual suspects». Grande dépendance à la voiture. Réduction de la densité urbaine. Gestion plus serrée du temps. Popularité des écoles privées et à vocation particulière qui obligent les élèves à parcourir de plus grandes distances.
Dans son dernier rapport, le vérificateur général en ajoute une : l’indolence des commissions scolaires.
Renaud Lachance montre en effet que les décisions prises en matière de transport scolaire ne reflètent habituellement aucun souci pour le transport actif, la marche et le vélo.
Premier problème : il n’y a pas de normes communes quant à la distance à partir de laquelle l’autobus jaune est offert.
Un élève du primaire à Laval est admissible au transport scolaire s’il habite à plus de 1,2 km de son école et il peut marcher un maximum de 300 mètres pour se rendre à l’arrêt d’autobus. Mais à Sherbrooke, l’élève a droit au transport à partir de 1,6 km et il peut marcher jusqu’à 500 mètres pour atteindre l’arrêt d’autobus.
Deuxième problème, plus grave celui-là : les commissions scolaires ne respectent nullement la politique gouvernementale Pour un virage santé à l’école. L’objectif de cette dernière est de soutenir les milieux scolaires afin qu’ils favorisent un mode de vie physiquement actif.
Or ces mêmes milieux scolaires, selon le vérificateur, n’en ont que faire…
Aucune commission scolaire vérifiée, note-t-il, n’a évalué si les distances de marche devaient être révisées pour favoriser le transport actif. Rien pour contredire ceux qui voient les politiques gouvernementales à grand déploiement comme des outils de marketing sans lendemains…
